Dans l’industrie de la construction au Québec, les frais de déplacement CCQ reviennent chaque semaine sur la paie de vos salariés. Le montant versé dépend directement du calcul du kilométrage entre le domicile du salarié et le chantier, un calcul encadré par la Loi R-20 et les conventions collectives. Fait à la main, ce calcul est une source fréquente d’erreurs, de contestations et, à terme, de réclamations. Pourtant, avec une bonne méthode et les bons outils, calculer le kilométrage pour vos primes de déplacement peut devenir simple, rapide et défendable.
Ce guide s’adresse aux employeurs de la construction qui veulent maîtriser cette obligation de bout en bout : ce que couvrent les frais de déplacement, comment se calcule le kilométrage, quels taux et seuils s’appliquent selon le secteur, un exemple de calcul détaillé, les erreurs les plus fréquentes et comment automatiser le calcul du kilométrage pour ne plus y penser.
Avis important : cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou un avis professionnel. Les taux, seuils et règles varient selon le secteur, le métier et la convention collective applicable, et ils sont révisés périodiquement. Validez toujours votre situation auprès de la CCQ, de votre service de paie ou d’un professionnel qualifié.
Les frais de déplacement sont les indemnités que l’employeur verse au salarié pour couvrir ses déplacements liés au travail. Selon la convention collective, l’expression regroupe trois éléments : les frais de transport, les frais de chambre et pension et le temps consacré au transport.
Deux principes structurent ces indemnités. D’abord, au cours de la journée normale de travail, les déplacements entre la place d’affaires de l’employeur et le chantier, ou d’un chantier à un autre, sont à la charge de l’employeur. Ensuite, lorsque le salarié utilise son véhicule à la demande de l’employeur, il reçoit une indemnité kilométrique. Le montant précis et les seuils dépendent du secteur (résidentiel, institutionnel-commercial, industriel) et du métier. Pour les règles complètes par secteur, consultez les conventions collectives de la CCQ.
Le kilométrage se calcule sur la distance entre le domicile du salarié et le chantier, par le chemin le plus usuellement emprunté entre ces deux points. En cas de désaccord entre l’employeur et le salarié, la convention prévoit que l’option Maps du site Google sert de référence pour établir la distance (article 23.08 du secteur résidentiel).
Trois précisions importantes encadrent ce calcul :
Ce kilométrage sert ensuite à déterminer si un seuil est franchi (par exemple 40 km ou 120 km) et à calculer l’indemnité applicable. Comme la distance conditionne le montant, une adresse mal saisie ou un trajet approximatif se traduit directement par une erreur de paie. Pour fiabiliser ces données à la source, plusieurs employeurs les rattachent à la feuille de temps CCQ de chaque salarié.
Les taux et seuils diffèrent d’un secteur à l’autre. Voici les repères principaux, à valider selon votre convention et votre métier. Les montants ci-dessous suivent le calendrier de hausses prévu jusqu’en 2028.
Dans le secteur résidentiel, lorsque le salarié utilise son véhicule à la demande de l’employeur, l’indemnité est de 0,67 $ du kilomètre parcouru. Dans la construction résidentielle lourde, ce même taux de 0,67 $ du kilomètre s’applique pour chaque kilomètre parcouru au-delà de 40 km, entre le domicile et le chantier, pour l’aller et pour le retour. Cette règle ne s’applique pas lorsque la distance atteint 120 km ou plus (on bascule alors vers la chambre et pension). La chambre et pension peut aussi s’appliquer en deçà de 120 km lorsque le salarié, à la demande de l’employeur, accepte de la prendre (article 23.07). Le taux augmente selon l’échéancier suivant :
Dans le secteur institutionnel-commercial et industriel (IC/I), l’indemnité de déplacement prend souvent la forme d’un montant forfaitaire par jour, selon des bandes de distance et le métier. Voici la règle générale (les montants par métier peuvent varier) :
Lorsque la distance entre le domicile et le chantier atteint 120 km ou plus, le salarié reçoit plutôt une indemnité de chambre et pension par jour travaillé, en plus des frais de transport prévus. La règle générale du secteur résidentiel prévoit :
Frais de stationnement (toutes distances)
Indépendamment du kilométrage, lorsqu’aucun stationnement gratuit n’est disponible à moins de 500 mètres du chantier, l’employeur rembourse les frais de stationnement engagés, jusqu’à concurrence de 15 $ par jour, sur présentation de pièces justificatives (article 23.03 du secteur résidentiel). Les taux et modalités exacts par secteur et par métier figurent dans les documents officiels, dont la section 23 des conventions collectives de la CCQ et le tableau des frais de déplacement 2025-2028 de l’ACQ.
Exemple simplifié (montants fictifs) : un salarié du secteur résidentiel lourd habite à 70 km du chantier, selon le trajet le plus usuel indiqué par Google Maps. L’indemnité s’applique aux kilomètres au-delà de 40 km, pour l’aller et pour le retour.
Sur une semaine de cinq jours, cette indemnité représente environ 201 $ pour ce seul salarié, à verser séparément du salaire. Multipliez par une équipe de dix personnes réparties sur plusieurs chantiers et vous mesurez à la fois l’enjeu financier et le risque d’erreur d’un calcul manuel. Rappel : cet exemple est fictif et le taux applicable dépend de votre secteur et de votre convention. Validez auprès de la CCQ.
Le traitement fiscal dépend de la nature de l’indemnité et de la situation du salarié. De façon générale, une allocation de transport versée en argent peut être ajoutée au revenu du salarié et devenir imposable, alors que certains remboursements de dépenses réelles sur présentation de pièces justificatives peuvent être traités différemment. Il n’existe pas de réponse unique : le statut fiscal doit être déterminé au cas par cas. Cette question relève de la fiscalité et de la paie : validez chaque situation auprès de votre service de paie, de votre comptable ou des autorités fiscales avant de conclure. Une chose reste vraie dans tous les cas : plus vos données de kilométrage sont exactes et documentées, plus le traitement de la paie est fiable, comme le rappelle notre article sur la précision du traitement de la paie.
Après des années d’accompagnement d’entreprises de construction, voici les pièges qui reviennent le plus souvent dans le calcul des frais de déplacement :
La bonne nouvelle : les employeurs qui utilisent une application de pointage mobile telle que Mobile-Punch peuvent automatiser une bonne partie de ce travail. Plutôt que de recalculer chaque trajet à la main, l’outil obtient le kilométrage parcouru par chaque salarié entre le domicile et le chantier (ou entre le bureau et le chantier), à partir des adresses réelles.
Concrètement, un outil comme Mobile-Punch permet de :
Ces heures et déplacements sont enregistrés par chantier et par code de projet, horodatés et géolocalisés, ce qui réduit les erreurs de retranscription et les contestations. En reliant le kilométrage à la feuille de temps CCQ, au calcul des heures de travail et à la gestion de projet, vous obtenez une base de calcul cohérente pour toute l’équipe. Un logiciel ne remplace ni votre service de paie ni les règles de la CCQ, mais il fiabilise la matière première du calcul : les distances et les heures. Des outils comme Mobile-Punch ont été conçus précisément pour que la conformité soit une conséquence naturelle de votre façon de travailler, et non une corvée de fin de semaine.
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