Depuis mars 2023, le pointage mobile est officiellement permis sur les chantiers de construction au Québec, à une condition précise : obtenir un consentement écrit de chaque salarié qui l’utilise. Ce document n’est pas optionnel. Il est intégré aux conventions collectives en vigueur, et son absence expose l’employeur à des sanctions. Voici ce que ce formulaire doit contenir, où le trouver selon votre secteur, et comment le gérer sans alourdir votre administration.
En mars 2023, l’arbitre Alain Turcotte a rendu une décision qui a clarifié définitivement le statut des applications mobiles de pointage dans l’industrie de la construction. Le pointage via une application installée sur un appareil électronique intelligent (qu’il soit fourni par l’employeur ou appartenant au salarié) est désormais permis, mais uniquement si le travailleur y consent librement et par écrit. Avant cette décision, les applications mobiles de pointage étaient considérées comme contraires aux conventions collectives, suite à une décision arbitrale de novembre 2020.
Cette exigence de consentement repose sur deux fondements juridiques. D’abord, les conventions collectives elles-mêmes, qui ont intégré des annexes spécifiques pour encadrer l’usage du pointage mobile. Ensuite, la Loi 25 sur la modernisation des règles encadrant les renseignements personnels, qui impose un consentement éclairé et explicite lorsqu’une entreprise recueille des données de localisation.
Sans formulaire signé, l’utilisation d’une application mobile de pointage est non conforme. Un salarié, un syndicat ou la CCQ peuvent dénoncer la situation, et l’employeur s’expose à un constat d’infraction en vertu de l’article 120 de la Loi R-20.
Le contenu du formulaire est encadré par les conventions collectives. Un document improvisé ou bricolé ne suffit pas : il doit reprendre la structure et les mentions prévues aux annexes sectorielles.
Un formulaire conforme inclut au minimum les éléments suivants.
Chaque secteur de l’industrie dispose de son propre formulaire, avec des références distinctes dans les conventions collectives :
Les conventions collectives 2025-2029 reconduisent ces mêmes annexes. Les employeurs qui utilisaient déjà un formulaire conforme en 2021-2025 n’ont pas à le remplacer, mais doivent vérifier que les références d’articles citées (par exemple, l’article 18.01 pour le résidentiel ou l’article 20.04.1 pour le génie civil et voirie) correspondent bien aux clauses actualisées dans la nouvelle convention.
Les associations patronales mettent à disposition les versions officielles sur leurs sites respectifs. Il est fortement recommandé d’utiliser ces versions plutôt qu’un modèle tiers non validé.
Sur ce point, la décision arbitrale de 2023 et les annexes des conventions collectives ne laissent aucune place à l’interprétation.
Concrètement, une application conforme ne peut pas tracer un salarié pendant ses déplacements entre chantiers, pendant ses pauses ou en dehors de ses heures de travail. Elle intervient uniquement aux moments précis du pointage d’entrée et de sortie.
Un employeur ne peut pas imposer le pointage mobile. Si un travailleur refuse, l’employeur doit lui offrir un moyen alternatif : horloge fixe installée le plus près possible de l’endroit où débutent les heures de travail, carte de temps papier ou carte de temps électronique.
Le refus d’un salarié ne peut jamais entraîner de conséquence disciplinaire, de perte d’heures, de refus d’embauche ni de mesure de représailles. C’est une règle absolue qui s’applique tant à l’embauche qu’en cours d’emploi.
Un salarié qui a initialement consenti peut aussi, à tout moment, aviser son employeur qu’il cesse d’utiliser l’application. L’employeur doit alors lui fournir immédiatement un moyen alternatif, sans justification à demander.
Les employeurs qui utilisent une application de pointage sans avoir recueilli les consentements signés s’exposent à plusieurs risques.
Le formulaire de consentement doit être signé par chaque salarié et conservé par l’employeur, idéalement de manière centralisée et traçable. Uneapplication de pointage mobile conforme à la décision arbitrale intègre ce processus directement à l’onboarding des employés. Chez Mobile-Punch, pour simplifier la vie aux employés et aux employeurs, le formulaire est intégré à l’application et est signé numériquement avant la première utilisation, archivé dans le dossier du salarié et accessible à tout moment en cas de vérification par la CCQ. La géolocalisation est strictement limitée au moment du pointage, les données sont hébergées au Québec, et l’application respecte les exigences de la Loi 25. Mobile-Punch détient d’ailleurs la certification CyberSécuritaire Canada, reconnue à l’échelle nationale, qui atteste de la sécurité des renseignements personnels et de la conformité aux lois en vigueur. L’application de feuilles de temps Mobile-Punch est également conforme à la Loi R-20, un gage de tranquillité pour les entrepreneurs qui doivent produire leurs rapports mensuels à la CCQ.
Pour les entrepreneurs qui gèrent des équipes sur plusieurs chantiers, cette centralisation fait toute la différence entre une administration chronophage et une conformité intégrée, particulièrement alors que lesinspections CCQ se font plus fréquentes et que la prévention du pointage frauduleux devient un enjeu majeur de gouvernance.
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